L'Ukraine et la Russie ont toutes deux confirmé que leurs applications mobiles officielles pour les alertes d'urgence publique avaient été compromises par des cyberattaques au cours du week-end. Les incidents se sont produits peu après l'expiration d'une trêve humanitaire localisée de six jours à Olechky, une ville du sud de l'Ukraine sous occupation russe. Les autorités ukrainiennes ont annoncé dimanche soir que leur application nationale d'alerte aérienne avait été piratée, affichant de fausses informations incluant des menaces de radiation nucléaire et d'attaques chimiques. La Force aérienne ukrainienne a déclaré que l'application était probablement soumise à une interférence hostile, tandis que le Centre pour la communication stratégique a attribué la violation à Moscou.

En réponse, le ministère russe des Situations d'urgence a signalé lundi une cyberattaque massive contre sa propre application mobile, utilisée pour avertir les citoyens de frappes de drones ukrainiens et d'autres dangers. Le ministère russe a averti que les attaquants avaient diffusé de fausses informations via la plateforme et a confirmé que des travaux étaient en cours pour corriger la vulnérabilité et rétablir le fonctionnement normal. Moscou n'a pas encore identifié les auteurs de l'attaque contre son système.

La violence s'est poursuivie sur les lignes de front alors que la trêve à Olechky prenait fin à 22h59 heure locale dimanche. Les autorités locales ont rapporté que des frappes russes avaient tué au moins trois personnes en Ukraine dimanche. Dans la région de Vinnytsia, une femme et une fille de 13 ans ont été tuées. De plus, dans la région de Soumy, une frappe de drone russe a touché un véhicule civil, tuant un passager âgé de 70 ans. Ces attaques ont également fait plusieurs blessés.

Sur le plan diplomatique, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que son pays cesserait les attaques contre les raffineries de pétrole russes si les États-Unis fournissaient des missiles intercepteurs Patriot. S'adressant à Fox News, Zelensky a expliqué que l'arrêt des frappes sur les infrastructures énergétiques russes nécessitait soit la cessation des attaques russes contre le système énergétique ukrainien, soit la livraison de systèmes de défense aérienne. Il a noté que si l'administration Trump avait approuvé la vente de 500 missiles Patriot vendredi, les livraisons pourraient prendre des années, l'incitant à suggérer que les alliés fournissent des missiles depuis leurs propres stocks dans l'intervalle.

Les opérations militaires se sont intensifiées ailleurs également. Les forces ukrainiennes ont revendiqué la responsabilité d'une attaque de drone contre la raffinerie Loukoïl à Kstovo, située dans la région de Nijni Novgorod, à 400 kilomètres à l'est de Moscou. L'installation, l'une des plus grandes de Russie avec une capacité annuelle de 17 millions de tonnes, a subi des dommages importants et des incendies. Le gouverneur régional Gleb Nikitine a confirmé les dommages industriels et a averti de possibles coupures d'électricité temporaires, tout en conseillant aux résidents de remplir leurs réservoirs de carburant uniquement selon leurs besoins pour éviter des pics de demande artificiels.

Concernant les défenses aériennes, la Force aérienne ukrainienne a rapporté avoir neutralisé ou abattu 371 des 433 drones russes lancés dans la nuit de samedi à dimanche. Inversement, le ministère russe de la Défense a affirmé avoir intercepté 235 drones ukrainiens dans dix régions et frappé des centres de contrôle ferroviaire à Soumy. La trêve à Olechky, qui avait commencé mardi, a permis l'évacuation de près de 700 résidents par bus et avion via la Russie et le Bélarus. Le médiateur ukrainien pour les droits de l'homme Dmytro Loubinets a confirmé que les deux parties avaient respecté leurs engagements pendant la cessation des hostilités, facilitant la livraison d'aide humanitaire.

Sources: Le Monde International.