Lina Attalah, rédactrice en chef du média d’information indépendant égyptien Mada Masr, a été libérée après que le média a payé une amende de 3 millions de livres égyptiennes. Un tribunal du Caire a également ordonné la fermeture du site web, ravivant les inquiétudes des organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains face aux restrictions imposées aux médias indépendants en Égypte.

Attalah a été brièvement détenue après que le tribunal l’a reconnue coupable de gérer un site web sans licence. Son avocat, Hassan al-Azhari, a déclaré qu’elle avait été libérée une fois l’amende payée. Il a également indiqué à l’AFP que l’équipe juridique avait découvert qu’Attalah avait été condamnée par contumace en 2024 à un an de prison et à une amende de 20 000 livres égyptiennes. Sa défense a fait appel, et une audience a été fixée au 11 novembre.

Mada Masr affirme avoir demandé une licence d’exploitation il y a trois ans, mais n’avoir reçu aucune réponse des autorités. Le média a été fondé par Attalah en 2013. Elle a déjà été arrêtée à plusieurs reprises et s’est fait connaître à l’international pendant le Printemps arabe de 2011.

Cette affaire survient après l’arrestation des six membres de la plateforme indépendante de vérification des faits Matsadaash, accusés d’appartenir aux Frères musulmans, organisation interdite. Hossam Bahgat, directeur de l’Initiative égyptienne pour les droits personnels, a déclaré que ces dernières mesures pourraient annoncer le passage du harcèlement des médias indépendants à leur élimination.

Reporters sans frontières, le Comité pour la protection des journalistes et Amnesty International ont condamné la décision du tribunal. PEN International et plusieurs dizaines d’organisations de la société civile ont également critiqué la procédure, affirmant que cette affaire marquait une intensification des pressions exercées sur les médias indépendants et les journalistes.

Sources: The Guardian World.