Les cinq dirigeants du « bloc du changement » de l’opposition israélienne, mené par le centriste Gadi Eisenkot, se sont réunis pour la première fois depuis les élections du 27 octobre, à l’issue desquelles aucun camp n’a obtenu de majorité parlementaire. Mardi 3 novembre, ils ont déclaré qu’ils s’efforceraient de remplacer la coalition sortante de Benjamin Netanyahu par un gouvernement d’urgence nationale, sans toutefois préciser leur stratégie avant les consultations avec le président Isaac Herzog.

Le bloc d’opposition détient 48 sièges, contre 53 pour le camp de Netanyahu. Il pourrait atteindre le seuil de 61 sièges requis pour obtenir la majorité parlementaire avec le soutien des partis arabes, qui ont progressé lors des élections. Mais l’opposition réunit des partis allant de la gauche à la droite nationaliste et elle est divisée sur la question d’une coopération avec ces partis.

Dans une déclaration commune publiée après leur réunion à Herzliya, les dirigeants de l’opposition ont affirmé que les électeurs avaient choisi le changement et rejeté la reconduction du gouvernement actuel. Ils ont également décrit leur objectif comme la formation d’un « gouvernement sioniste », une formule qui semble exclure la participation de partis arabes au cabinet, mais qui n’écarte pas la possibilité d’un gouvernement minoritaire soutenu par des députés arabes à la Knesset.

Youssef Jabareen, chef de la Liste unie, à prédominance arabe, qui a remporté 11 sièges, a déclaré qu’il était prêt à soutenir un gouvernement opposé à Netanyahu sans y participer. Il a exhorté l’opposition à accepter le résultat politique des élections.

La déclaration du bloc pourrait également laisser la porte ouverte à une coopération avec les partis juifs ultraorthodoxes actuellement alliés à Netanyahu, à condition qu’ils acceptent le service militaire pour tous. La plupart de ces partis s’opposent vivement à la conscription des étudiants religieux, une question rendue plus sensible par le déploiement de l’armée sur plusieurs fronts.

Les dirigeants de l’opposition ont accusé Netanyahu de mener une campagne dangereuse visant à saper les résultats des élections en alléguant que les partis arabes avaient commis des fraudes généralisées. Selon l’article, aucune preuve n’avait été présentée à l’appui de ces accusations. Dans une publication sur les réseaux sociaux lundi soir, Netanyahu s’est dit ouvert au dialogue et a appelé à la formation d’une large coalition sous sa direction.

Les dirigeants de l’opposition ne sont pas d’accord sur les relations avec les partis arabes. Yair Golan, dirigeant de gauche qui a rencontré Jabareen avant la réunion de Herzliya, est le seul chef du bloc à réclamer ouvertement une alliance. Le nationaliste Avigdor Liberman a fermement rejeté cette option, tandis qu’Eisenkot a semblé l’exclure sans le dire explicitement.

Herzog doit consulter les représentants des partis mercredi et jeudi avant de charger l’un des élus de former un gouvernement. Le président choisit traditionnellement la personne qui bénéficie du plus grand nombre de recommandations, en tenant compte du poids des partis, un processus qui place Eisenkot en position favorable.

Sources: Le Monde International.