L’administration Trump a expulsé mercredi le diplomate cubain Richard Tur de la Concepción des États-Unis, au lendemain d’un échange houleux à l’Assemblée générale de l’ONU entre le ministre des Affaires étrangères de Cuba et l’ambassadeur des États-Unis, Michael Waltz. Le département d’État a informé la mission cubaine auprès de l’ONU que son premier secrétaire n’était « pas le bienvenu » dans le pays.
L’annonce du département faisait suite à un incident survenu dans la grande salle de l’ONU, au cours duquel Concepción a repoussé d’une claque le téléphone d’un employé américain qui le filmait à courte distance. Dans une publication sur les réseaux sociaux, Waltz a accusé le diplomate cubain d’avoir agressé l’employé. Il a ensuite déclaré à Fox News que Concepción prendrait ce jour-là un vol pour rentrer à La Havane.
L’affrontement a eu lieu lors d’un débat sur une résolution appelant à la fin de l’embargo américain de longue date contre Cuba. Mardi, s’exprimant contre la mesure, Waltz a accusé les dirigeants cubains de répression, de corruption et d’enrichissement illicite. Des membres de la délégation cubaine ont protesté depuis leurs sièges et se sont approchés du pupitre, ce qui a poussé Waltz à interrompre son intervention et à leur demander de reculer.
Après la suspension de la séance, le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla, a eu la possibilité de répondre. Il a traité Waltz de menteur. À un moment donné, pendant ou après l’échange, Concepción s’est disputé avec l’employé américain. Une vidéo publiée par Waltz montre Concepción debout près du pupitre et repoussant le téléphone de l’employé. On l’entend dire que l’employé violait son espace personnel. Un membre du personnel de l’ONU l’a ensuite escorté hors des lieux, et le communiqué indique qu’il a coopéré.
Waltz a déclaré que Concepción avait tenté d’intimider le personnel de l’ONU pour qu’il coupe son microphone et le fasse taire. Dans une lettre adressée au bureau du secrétaire général de l’ONU, l’ambassadeur de Cuba auprès de l’ONU a officiellement protesté contre l’incident et affirmé que l’employé américain avait harcelé Concepción.
Le différend s’est déroulé dans un contexte de nouvelles pressions de l’administration Trump sur le gouvernement communiste de Cuba. La résolution s’opposant à l’embargo a obtenu 130 voix cette année, contre 165 l’année précédente. Selon le service de presse de l’ONU, il s’agissait de son niveau de soutien le plus bas en 20 ans ; la mesure avait recueilli 191 voix en 2015 et en 2017. Elle a été proposée pour la première fois en 1992, année où 59 pays l’avaient soutenue.
Sources: Folha Mundo.