Les manifestations de lycéens français ont attiré l’attention sur la structure des dépenses publiques d’éducation. En octobre, le gouvernement a révélé que 32 % du budget du ministère de l’Éducation étaient utilisés pour financer les pensions de retraite, selon une tribune du directeur d’une organisation à but non lucratif, Alexandre Lourié, publiée dans Le Monde.
Lourié affirme que les chiffres officiels donnent l’impression que les dépenses françaises d’éducation sont plus généreuses qu’elles ne le sont réellement. Bien que ces dépenses soient présentées comme dépassant 5 % du produit intérieur brut et se situant au-dessus de la moyenne des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques, il estime que ce chiffre est plus proche de 4 % si l’on exclut les cotisations supplémentaires prélevées sur les salaires des enseignants pour soutenir le système de retraite.
La tribune décrit un écart entre les cotisations de retraite des employés du secteur public et celles des salariés relevant du régime général. Les employés publics sont soumis à un taux de cotisation de 93 %, contre 28 % pour le régime général, ce qui crée une différence de plus de 20 milliards d’euros. Ces fonds contribuent au budget déclaré du ministère de l’Éducation, d’environ 90 milliards d’euros, tout en étant transférés au système de retraite.
Selon Lourié, ce mécanisme ne finance pas seulement les pensions des enseignants, mais contribue également à dissimuler le déficit plus large du système de retraite. Il estime que ce dispositif rend plus difficile l’évaluation des sommes réellement disponibles pour les établissements scolaires et les enseignants.
La tribune établit un lien entre ce transfert dissimulé et la frustration exprimée par les jeunes. Lourié soutient que, sans les fonds affectés aux pensions, les salaires des enseignants auraient pu augmenter de plus de 50 % ces dernières années. L’article présente la structure budgétaire comme la preuve d’une réduction à long terme de la priorité accordée aux jeunes générations.
Sources: Le Monde.