Une lettre ouverte a été publiée à l'attention du ministre portugais de l'Éducation, affirmant que le principe de subsidiarité de l'État est explicitement inscrit dans la Constitution nationale plutôt que le centralisme. L'auteur cite l'article 6 de la Constitution portugaise, qui mandate l'État à respecter l'autonomie locale et la décentralisation démocratique, arguant que ce principe est contraignant et non simplement recommandatif. Selon le texte, toute action gouvernementale portant atteinte à ce principe constitutionnel constitue une inconstitutionnalité en vertu de l'article 277.

La lettre définit la subsidiarité comme une exigence pour que les décisions politiques soient prises au niveau le plus proche des citoyens, la décrivant comme une révolution nécessaire contre la tradition portugaise de centralisme étatique et de monopoles. L'auteur soutient que le système actuel favorise une « étatocratie » plutôt que la démocratie en priorisant le contrôle de l'État par des décrets ministériels plutôt qu'en autonomisant les institutions locales.

Pour illustrer un modèle alternatif, l'auteur inclut une traduction officielle d'un texte du ministère italien de l'Instruction concernant l'autonomie scolaire en Italie. Le système italien est décrit comme étant organisé sur la base de la subsidiarité et de l'autonomie institutionnelle, où les écoles publiques possèdent une indépendance pédagogique, organisationnelle et de recherche. En vertu de la loi n° 59/1997, les écoles italiennes ont la personnalité juridique et peuvent gérer leur propre comptabilité, adopter des plans de formation triennaux et conclure des contrats et des associations avec des entités publiques et privées.

La lettre critique le système éducatif portugais pour son manque d'autonomie fonctionnelle, notant qu'un gouvernement précédent sous le ministre Marçal Grilo a tenté de lancer des statuts d'autonomie scolaire, mais que la bureaucratie supérieure a bloqué ces efforts. L'auteur pointe du doigt des exemples récents de centralisation, tels que la décision ministérielle sur les livres de lecture obligatoires et la sélection centralisée de manuels scolaires gratuits, caractérisant cette approche comme une gouvernance par décrets ministériels plutôt que par la loi.

Le texte met en évidence une disparité dans la reconnaissance professionnelle entre les enseignants de l'enseignement non supérieur et les professionnels de l'enseignement supérieur, de la médecine ou du génie. Il soutient que les enseignants d'écoles publiques sont traités comme des fonctionnaires exécutifs sans autonomie significative, malgré leur compétence. L'auteur suggère que les réformes devraient aligner l'autonomie des écoles non supérieures sur celle des établissements d'enseignement supérieur, leur accordant une plus grande dignité et des moyens opérationnels.

La lettre fait référence à un manifeste de 2020 intitulé « En défense des libertés éducatives », qui a été signé par des personnalités éminentes dont le cardinal Manuel Clemente, l'ancien président Aníbal Cavaco Silva et divers dirigeants politiques. Ce document est né d'une controverse concernant la matière obligatoire « Éducation à la citoyenneté et au développement », spécifiquement concernant une famille de Famalicão qui a refusé de participer sur la base d'une objection de conscience aux thèmes liés au genre et à la sexualité.

L'auteur conclut en exhortant le ministre de l'Éducation et le ministre de la Réforme de l'État à mettre en œuvre des changements réduisant le centralisme. Les réformes proposées visent à accorder aux écoles publiques non supérieures une plus grande autonomie fonctionnelle, similaire au modèle italien, ce qui inclut des objectifs spécifiques tels que la lutte contre les inégalités sociales, la promotion de la citoyenneté active et la garantie du droit d'étudier par le biais de parcours éducatifs personnalisés.

Sources: Observador.