La nuit des élections de mi-mandat sera marquée par des centaines de scrutins pour le Congrès, les postes de gouverneur et les législatures des États. Six indicateurs pourraient donner rapidement une idée du parti le mieux placé pour contrôler le Congrès et de la manière dont les groupes d’électeurs réagissent au second mandat du président Donald Trump.
Les premiers signaux pourraient venir de l’Indiana, du Kentucky et de la Floride. Les résultats dans la 5e circonscription du Congrès de l’Indiana et dans la 6e du Kentucky pourraient montrer si la participation républicaine est plus faible que prévu. Ces deux sièges détenus par les républicains sont devenus plus disputés. Une course serrée ou une victoire démocrate dans l’une ou l’autre de ces circonscriptions pourrait signaler une vague démocrate plus large.
La 22e circonscription de Floride, actuellement détenue par un démocrate mais redécoupée pour favoriser les républicains, sera également suivie de près. La 27e circonscription de l’État, remportée par Trump avec une marge à deux chiffres, pourrait donner une indication de la manière dont les électeurs latino-américains votent.
Les électeurs indépendants constituent une autre mesure importante. Bien qu’ils participent généralement moins aux élections de mi-mandat, les républicains ont bien réussi pendant l’ère Trump lorsqu’ils ont remporté au moins 46 % des voix des indépendants. Le parti a éprouvé des difficultés lorsqu’il est passé sous ce seuil, ce qui reflète des évolutions politiques plus larges parmi les électeurs blancs de la classe ouvrière, les démocrates et les électeurs blancs diplômés de l’enseignement supérieur.
La participation des électeurs noirs dans le Michigan pourrait façonner la bataille pour le Sénat. Le scrutin sénatorial de l’État est important pour l’équilibre des pouvoirs : une victoire républicaine augmenterait le nombre de sièges détenus par les républicains que les démocrates devraient remporter pour prendre le contrôle. La campagne démocrate d’Abdul El-Sayed dépendra fortement de la participation et des marges parmi les électeurs noirs du comté de Wayne, notamment dans la région de Detroit. Pendant l’ère Trump, les démocrates ont généralement dû obtenir au moins 68 % des voix dans le comté de Wayne pour remporter le Michigan, sauf s’ils compensaient par de meilleurs résultats dans les banlieues.
Les jeunes électeurs constituent un autre avantage potentiel pour les démocrates, même si leur participation diminue généralement fortement lors des élections de mi-mandat. Depuis 1992, en moyenne 43 % des électeurs inscrits âgés de 18 à 29 ans ont voté lors des élections présidentielles, contre 21 % lors des élections de mi-mandat. Les démocrates ont généralement obtenu de bons résultats lorsqu’ils ont remporté ce groupe avec plus de 20 points d’écart. En 2022, ils ont remporté le vote des jeunes avec 28 points d’avance, perdu neuf sièges à la Chambre des représentants, mais gagné un siège au Sénat.
Le Texas offrira deux tests supplémentaires. Le premier concerne l’écart entre le nombre de voix obtenues par le gouverneur républicain Greg Abbott et le républicain Ken Paxton. Le démocrate James Talarico se trouve face à une voie difficile dans un État que Trump a remporté avec 14 points d’avance en 2024, et les sondages précédents ont sous-estimé le soutien aux républicains. En 2018, Ted Cruz a remporté son scrutin sénatorial malgré environ 400 000 voix de moins qu’Abbott. Un écart de plus de 400 000 voix entre Abbott et Paxton pourrait donc être important pour Talarico.
L’autre test au Texas concerne le vote latino-américain dans le sud de l’État. En 2018, Beto O’Rourke a remporté 64 % des voix des électeurs latino-américains, qui représentaient 26 % de l’électorat, selon les sondages réalisés à la sortie des urnes. Talarico devrait dépasser ces chiffres et améliorer les résultats d’O’Rourke dans des comtés à forte population latino-américaine, notamment Cameron, Hidalgo, Webb et Nueces. Les résultats dans les banlieues en expansion de Dallas, notamment les comtés de Collin, Denton et Tarrant, pourraient également compter.
Enfin, les sondages réalisés à la sortie des urnes montreront comment les électeurs se définissent politiquement. Les démocrates représentaient 31 % de l’électorat en 2024, le niveau le plus bas indiqué dans les données, après 33 % en 2022 et 37 % en 2020 comme en 2018. Une forte opposition à Trump pourrait inciter les électeurs démocrates à participer, 53 % des électeurs probables interrogés dans le dernier sondage de NPR déclarant désapprouver fortement son action.
Le scrutin sénatorial du Michigan et la course dans la 7e circonscription du Congrès de l’État permettront de vérifier si des candidats démocrates progressistes peuvent l’emporter dans des zones politiquement disputées. Les résultats pourraient également influencer les débats sur l’unité démocrate et l’orientation idéologique du parti avant la primaire présidentielle de 2028.
Sources: NPR News.