La demande de soins à long terme augmente considérablement dans les Amériques alors que la population de la région vieillit rapidement. Les projections indiquent qu'ici 2050, 306 millions d'individus dans les Amériques, représentant plus d'un résident sur quatre, auront 60 ans ou plus. Malgré ce changement démographique, un écart significatif subsiste entre la reconnaissance politique et la prestation effective des services. Bien que 88 % des pays de la région aient intégré les soins à long terme dans leur législation, leurs politiques ou leurs plans, seuls 15 des 35 États membres de l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS) possèdent un système formel et financé publiquement pour ces services.

Cette disparité est au cœur d'un rapport conjoint de l'OPS et de la Banque interaméricaine de développement (BID), intitulé « Gouvernance et financement des soins à long terme ». Le document souligne que des services fragmentés et un financement public insuffisant laissent les familles supporter le poids principal de la responsabilité et des coûts financiers. Bien que des progrès aient été réalisés en matière de reconnaissance politique, avec 88 % des pays répondants signalant l'inclusion des soins à long terme contre 61 % en 2020, la mise en œuvre accuse un retard. De plus, seuls sept des 27 pays ayant répondu à une enquête spécifique ont reconnu légalement les aidants informels et leur droit de recevoir un soutien.

Le rapport identifie que les services de santé et de protection sociale fonctionnent souvent de manière indépendante, sans évaluations coordonnées ni plans de soins. Cette fragmentation entraîne le fait que les individus reçoivent une assistance de divers prestataires sans la continuité nécessaire. Par conséquent, les familles comblent fréquemment ces lacunes en fournissant des soins non rémunérés ou en payant directement pour les services. La valeur économique de ces soins à long terme informels est estimée entre 0,8 % et 4,9 % du produit intérieur brut (PIB) annuel dans la région.

Mary Lou Valdez, directrice adjointe de l'OPS, a souligné que l'investissement dans les soins à long terme n'est pas simplement une dépense, mais un investissement crucial dans des personnes en meilleure santé, des familles plus fortes et des sociétés plus résilientes. Pour relever ces défis, l'Uruguay sert d'exemple notable de coordination. Établi en 2015, son Système national intégré de soins rassemble les ministères, les gouvernements locaux et la société civile sous une structure de gouvernance partagée. Le système utilise des évaluations standardisées pour déterminer les besoins de soins et l'éligibilité, liant le financement public et les paiements complémentaires aux niveaux de revenu tout en imposant des normes de qualité et des exigences de formation pour les travailleurs du secteur des soins.

L'OPS soutient actuellement les pays dans le renforcement des politiques de soins à long terme et l'intégration des services dans les systèmes de santé. Sa Politique régionale sur les soins à long terme 2025-2034 promeut des approches pour améliorer la coordination, le financement et la qualité des soins par le biais des soins de santé primaires et des services communautaires. La stratégie se concentre sur le maintien de la capacité fonctionnelle des individus et la fourniture d'un soutien essentiel aux aidants.

Sources: UN News Spanish.