Exactement soixante-dix ans se sont écoulés depuis l'un des crimes les plus significatifs du communisme : la répression sanglante de la révolution hongroise de 1956. Malgré cette étape historique, des appels au communisme sont entendus dans les camps de protestation récents à Lisbonne et à Porto. Certains participants ont ouvertement prôné la violence pour renverser ce qu'ils qualifient de « démocratie bourgeoise », soulevant des questions sur une perte collective de mémoire concernant la véritable nature des régimes communistes.
Le 4 octobre 1956, plus de 2 000 chars soviétiques ont franchi les défenses de la Hongrie et sont entrés à Budapest dans l'intention d'écraser un mouvement populaire qui avait éclaté deux semaines auparavant. Cette insurrection avait forcé le régime communiste à reculer et à accepter les demandes des étudiants et des centaines de milliers de citoyens remplissant les rues. Douze ans avant les événements de Prague, Budapest a connu une aube sanglante, obligeant la Hongrie à se soumettre une fois de plus à la volonté de Moscou. Alors que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a récemment honoré les héros de ces jours lors d'un discours au Parlement hongrois, le souvenir de ce que représentait le communisme semble avoir disparu de l'esprit de nombreux esprits.
Dans les camps de Lisbonne et de Porto, de nombreuses personnes ont directement appelé à une révolution communiste. Parmi elles se trouvent des personnalités comme Priscila Valadão, coordinatrice brésilienne de la manifestation de Lisbonne qui s'identifie comme marxiste-léniniste et arbore un tatouage du marteau et de la faucille sur son épaule. Les critiques soutiennent que ce phénomène n'est pas uniquement de la responsabilité des manifestants individuels, mais reflète également les défaillances au sein des systèmes culturels et éducatifs qui semblent négliger la tragédie de l'expérience communiste au 20e siècle. L'argument pointe vers les régimes autoritaires existants en Corée du Nord, à Cuba et en Chine comme preuve de ce que ces idéologies impliquent.
La révolte hongroise était une insurrection spontanée survenue après que les organisations d'opposition aient été démantelées. Les ouvriers vivaient dans des conditions misérables, se levant à 4h30 pour des quarts de travail en usine qui commençaient par des lectures obligatoires du journal officiel du parti. Ces usines produisaient souvent aucun bien de consommation, reproduisant les modèles d'industrialisation stalinienne, tandis que les travailleurs subissaient des sessions d'endoctrinement jusqu'à 22 heures. Avec peu de nourriture et une répression brutale, la situation a explosé le 23 octobre lorsque des étudiants ont organisé une manifestation suite à des signes d'ouverture politique après la mort de Staline et la dénonciation de ses crimes.
La protestation s'est rapidement développée, avec des estimations allant de 200 000 à plus d'un demi-million de personnes se rassemblant devant le Parlement. Un moment symbolique s'est produit lorsque les manifestants ont retiré le sceau communiste du centre du drapeau hongrois, créant une bannière avec un trou dans la bande blanche qui est devenue le symbole du mouvement. La situation s'est aggravée lorsque les manifestants ont tenté de rejoindre la station de radio pour diffuser leurs demandes, entraînant des tirs et des morts. Le gouvernement a été remplacé par Imre Nagy, qui cherchait un modèle de socialisme indépendant du contrôle russe.
En réponse, l'Union soviétique a déployé 150 000 soldats et 2 500 chars à Budapest. L'intervention a fait des dizaines de milliers de morts et forcé 200 000 Hongrois à fuir au-delà de la frontière, principalement vers l'Autriche. Cet événement a coïncidé avec la crise de Suez, laissant la Hongrie sans soutien international alors qu'elle était écrasée par le régime. János Kádár a ensuite pris le pouvoir, dirigeant un gouvernement qui est resté en place jusqu'à la chute du mur de Berlin. Le contraste entre cette réalité historique et les slogans actuels appelant à des révolutions ouvrières met en évidence une déconnexion troublante dans le discours politique contemporain.
Sources: Observador.