Un ciel lourd et un orage soudain ont perturbé les célébrations marquant le 45e anniversaire de l'indépendance d'Antigua-et-Barbuda dimanche dernier. Alors que la pluie battante commençait, le Roi Charles III, vêtu d'un costume crème, a immédiatement demandé : « Où est le chapeau de pluie ? » Se tournant pour faire un geste derrière lui tout en se tenant à côté de la reine Camilla, qui portait une robe blanche, il a répété la question. La reine s'est rapidement vu remettre un chapeau transparent et a été retirée du podium, laissant le monarque exposé aux éléments.
Le roi Charles est resté sur scène sous la pluie, passant sa main sur sa tête avant de descendre les bras levés, demandant à plusieurs reprises : « Où est le parapluie ? » Un chapeau a finalement été localisé et lui a été remis par le major Ben Rigby, son aide de camp. Selon The Telegraph, le retard dans la fourniture d'une protection s'expliquait par le fait que la coutume locale exige que tout le monde reste immobile pendant l'hymne national. Malgré sa brève durée de cinq minutes, la pluie a laissé le chef du Commonwealth dans une situation comique.
Plus tard, trempé après quelques minutes sous l'eau, le monarque a plaisanté sur l'incident en déclarant : « J'ai commencé à faire pousser du cresson dans mes pantalons. » Cette démonstration de bonne humeur a apporté un soulagement au cours d'une journée marquée par des tensions politiques. Quelques heures plus tôt, le Premier ministre du pays avait réitéré la nécessité pour le Royaume-Uni de reconnaître et de dédommager les nations caribéennes pour l'esclavage, exprimant le souhait de retirer le roi de son rôle de chef de l'État.
Gaston Browne, qui a accompagné Charles et Camilla à une célébration religieuse dimanche, a accordé une interview à ITV News dans laquelle il s'est identifié comme « un républicain ». Il a déclaré que si l'on lui demandait son opinion personnelle, il aimerait voir Antigua-et-Barbuda devenir une république, bien qu'il ait souligné son acceptation du régime actuel. Browne a affirmé qu'il sert le roi et que le monarque continuera de recevoir toutes les courtoisies et le respect dus.
Le Premier ministre a également renforcé sa position sur l'indemnisation financière pour l'esclavage. Il a reconnu le contexte politique au Royaume-Uni qui pourrait rendre difficile l'accord sur des réparations, mais a soutenu que cela n'invalide pas la nécessité de telles mesures. Browne a averti qu'sans compensation, ces atrocités sont susceptibles d'être répétées à l'avenir, notant que des problèmes similaires sont déjà visibles dans le monde entier.
Ces déclarations font suite aux remarques d'Andy Burnham, qui a admis avoir présenté des excuses formelles pour le rôle du Royaume-Uni dans la traite des esclaves lors de la prochaine réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth (CHOGM) qui aura lieu cette semaine. Cependant, le Premier ministre britannique a souligné que les Britanniques ne peuvent pas être forcés de payer pour les erreurs de l'esclavage, tout en ajoutant que la nation doit faire face à son histoire complexe.
Le sujet de l'esclavage a dominé la visite du monarque dans les Caraïbes depuis son début mardi dernier, lorsque le roi Charles III a prononcé un discours reconnaissant « la grande souffrance » causée par la traite des esclaves aux XVIIe et XVIIIe siècles. Charles est prévu pour s'exprimer lors de la conférence des dirigeants du Commonwealth le 3 novembre.
Sources: Observador.